Rôle et profil de l’actuaire
L’actuaire, grâce à l’utilisation d’instruments mathématiques (probabilités, statistiques…), a pour tâche de modéliser les risques, comme, par exemple, la duré de la vie humaine ou les pertes pécuniaires associées aux accidents.
L’actuaire est indispensable au sein des compagnies d’assurances (même si ce ne sont pas les seuls établissements qui font appel à lui, puisque l’actuaire peut travailler également dans les banques, les cabinets d'actuaires-conseils ou les ministères gouvernementaux), puisque c’est en se basant sur ses études mathématiques que sont prises les décisions d’accepter ou non des contrats.
Schématiquement, le métier d’actuaire pourrait être présenté comme se déroulant en 3 phases, correspondant aux trois tâches principales qui lui incombent. L’actuaire doit en effet : chiffrer le risque, adapter ou créer des contrats et enfin accompagner les autres professionnels au sein de la compagnie, tout ne corrigeant les éventuelles dérives financières dans la gestion du compte d’exploitation constatées au sein de la compagnie d’assurance pour laquelle il travaille.
Pour chiffrer le risque, l’actuaire commence tout d’abord par en dresser une liste aussi exhaustive que possible, pour ensuite évaluer la probabilité de réalisation et le coût de chacun d’eux. C’est surtout à cette étape que sa maîtrise des outils mathématiques et informatiques, ainsi que des logiciels les plus spécialisés lui est indispensable. Il présente alors les résultats de ses analyses sous forme de tableaux, barèmes et formules, suite à quoi il est alors en mesure de définir les tarifications.
La seconde tâche principale de l’actuaire est d’adapter ou de créer des contrats d’assurances. A partir des données qui lui sont transmises par le service marketing, et des informations que les commerciaux font remonter du terrain, il élabore des hypothèses et des scénarios catastrophes, et, sur cette base, s’emploie à rechercher ce que l’on pourrait définir comme la « formule idéale » : la formule qui permettra à l’assuré d’être bien indemnisé en cas de sinistres et à la société d’assurance de dégager des bénéfices en acceptant la couverture de ces risques. C’est alors que, se basant sur les données recueillies, les hypothèses élaborées et les résultats de ses recherches, l’actuaire créé, selon les besoins du marché, de nouveaux contrats d’assurances, ou en adapte des préexistants.
Enfin, et en troisième lieu, l’actuaire doit assumer des responsabilités d’encadrement. Il lui est tout d’abord demandé d’offrir ses conseils et son assistance technique aux professionnels de sa compagnie chargés de commercialiser les contrats d’assurances qu’elle propose. Il lui est également demandé d’exercer une activité de veille accrue sur les résultats d'exploitation de sa compagnie et de surveiller de près l'évolution des réserves financières. Au cas où des dérives de gestion seraient découvertes, il doit en identifier les causes et apporter des solutions afin de tenter d’y remédier.
Nous le voyons, pour exercer le métier d’actuaire, il faut être doté de précision et de rigueur, avoir le sens de l’observation et de l’anticipation et avoir des qualités relationnelles portant vers le travail en équipe.
Formation de l’actuaire
L’actuaire a un niveau minimal de formation Bac +5 (sanctionné par un diplôme d'école ou par un master professionnel universitaire), formation au cours de laquelle il lui a été donné d’acquérir de grandes compétences en mathématiques et en statistiques.
Il est recommandé, pour pouvoir exercer ce métier, d’être en possession d’un diplôme d’actuaire. L’Institut des actuaires, association de professionnels, recense dix formations permettant d’accéder au métier. Ces formations sont dispensées par les établissements suivants :
- le Centre d'Études Actuarielles (CEA) à Paris,
- le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) à Paris,
- le Collège des Ingénieurs à Paris,
- l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE),
- l'université Paris-Dauphine,
- l'Institut de science financière et d'assurances (ISFA) de Lyon 1,
- l'Institut de statistiques (ISUP) de Paris 6,
- l'université de Strasbourg 1
- l'Euro-Institut d'actuariat (EURIA) de Brest,
- l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC).
Chacun de ces établissements délivre une formation spécifique en vue d’exercer le métier d’actuaire. Les formations reconnues par l’Institut des actuaires sont, respectivement :
- le Diplôme d'Actuaire du CEA,
- le Diplôme d'Études Supérieures Économiques - mention Actuariat du CNAM,
- le MBA du Collège des Ingénieurs,
- le Diplôme de Statisticien Économiste de l’ENSAE,
- le DESS d'Actuariat de l’Université Paris Dauphine,
- le Diplôme d'Actuaire ISFA de l'Université de Lyon,
- le Diplôme de Statisticien mention Actuariat de l’ISUP,
- le Diplôme Universitaire d'Actuaire de Strasbourg « DUAS »,
- le DESS d'Actuariat de l’EURIA,
- le MBA de l'ESSEC.
Salaire de l’actuaire
En début de carrière, un actuaire peut espérer gagner entre 2 000 et 2 600 € brut par mois.
Un actuaire sénior (avec 10 ans d’expérience ou plus), peut voir, dans certains cas et dans certaines compagnies, son niveau de rémunération s’élever jusqu’à 100 000 euros brut par an.
Evolution de carrière
Au bout de quelques années d’expérience, l’évolution de carrière de l’actuaire peut l’amener à exercer un poste d’encadrement et d’animation d’une équipe de techniciens et de chargés d’études. Il peut, par la suite, exercer des postes à plus hautes responsabilités.
Plusieurs sources relèvent que 16% des actuaires accèderaient à un poste de direction générale dans les assurances.
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